01.05.2008
Cubilot Manifeste pour la culture... mais juste aujourd'hui lol
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10.04.2008
Merci Yacine !
23:13 Publié dans actualité, Blog, laboratoire 1, Livre, si peu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cubilot mharhar, memona, littérature, kateb yacine, algérie, france
05.04.2008
Je cherche une solution lol
Bonjour tout le monde. Je cherche à savoir si quelqu'un peut m'aider à résoudre cette énigme lol
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14.01.2008
De l'islam...
Pendant le récit de Bertrand de Toulouse, seuls trois visages étaient impassibles : ceux du sultan, de Qara Kouch et d'al-Fadil. Le reste de la compagnie, moi, compris, n'avait cessé d'échanger des regards. Au moment où Bertrand décrivait son hérésie, plusieurs mains s'étaient levées vers des barbes qu'elles caressées avec nervosité, comme pour maîtriser l'agitation qui troublait intérieurement leurs possesseurs.
"Nous t'avons écouté avec grand intérêt, Bertrand de Toulouse, dit le sultan. Es-tu prêt à être interrogé par nos savants ?
-Avec grand plaisir, Majesté."
Ce fut le cadi qui posa la première question, cette fois d'une voix mielleuse.
"Ce que l'Eglise considère comme hérétique, c'est votre opposition à la sainte Trinité et votre hérétique et votre hostilité aux icônes.
Notre prophète, lui non plus, n'était pas favorable au culte des icônes et des images. As-tu jamais étudié le Coran ? Connais-tu le message de notre Prophète, la paix soit avec lui ?"
Bertrand de Toulouse ne cilla pas.
"Un avantage que vous avez sur tous les autres, c'est que nul ne peut mettre en doute l'existence de votre Prophète. Il était bien réel, ce qui ne permet pas d'en faire une figure duale. Il a conquis. Il est mort. Son histoire est connue. Cette ville splendide, et vous tous, êtes l'une des conséquences de sa remarquable vision.
Bien sûr j'ai étudié le Coran, et il contient beaucoup de points auxquels j'adhère. Mais, pour te parler franchement, il me semble que votre religion est trop attachée aux plaisirs terrestres.
Comprenant que vous ne pouviez vous régler sur le seul Livre, vous avez encouragé l'invention des hadiths pour mieux gouverner les empires conquis. Mais n'est-il pas vrai que beaucoup de ces hadiths se contredisent ? Qui décide de ce que vous croyez ?
- Nous avons des savants qui se consacrent entièrement aux hadiths, se hâta de répondre le sultan, qui ne voulait pas laisser le cadi dominer le débat. Dans ma jeunesse, j'ai étudié les hadiths avec beaucoup de plaisir et d'attention. Je suis d'accord avec toi. Ils se prêtent à tous bien des interprétations. C'est pourquoi nous avons les oulémas, qui en véifient l'exactitude. Nous en avons besoin, Bertrand de Toulouse, nous en avons besoin. Sans ces traditions, notre religion ne pourrait être un code d'existence complet.
- Quelle religion pourrait l'être, quand il existe de telles divergences d'interprétations dans les rangs de ses fidèles ? Les sectateurs des califes fatimides, pour prendre l'exempe le plus récent, ne partagent pas vos croyances ni celles du calife de Bagdad. Il en va de même dans notre religion et dans celle des juifs. Qui est roi, fait les lois.
- Pour être hérétique, tu l'es, mon ami", rit Salah al-Din en indiquant à tous les présents qu'ils pouvaient maintenant questonner Bertrand s'ils le désiraient.
Un vieil homme se leva, un érudit très respecté d'al-Azhar. Il parlait d'une voix faible et voilée qui étit à peine plus qu'un murmure, mais si grande était son autorité que chacun tendait l'oreille pour ne pas perdre un mot.
"Avec la gracieuse permission du sultan, je voudrais expliquer une chose à notre visiteur. La plus grande crainte qui hante l'être humain, quelle que soit sa religion, c'est la cainte de la mort.
Elle nous obsède tous. Chaque fois que nous lavons et ensevelissons un crops, nous y voyons ce que nous serons un jour. Aux temps de l'Ignorance, et même bien avant, cette crainte était si forte que beaucoup de gens, plutôt que d'accepter la réalité de la mort, préféraient la voir comme un voyage vers un autre monde.
L'islam a aboli cette crainte. Ce seul devrait être compté parmi nos grandes réalisations, car faute de surmonter cette crainte, nous ne pouvons aller de l'avant. Quelque chose nous retient. Notre prophète a compris, avant tous les autres, l'importance de cette question. Voilà pourquoi, Bertrand de Toulouse, nos soldats ont atteint les rives de ce continent et le coeur du vôtre. Voilà pourquoi rien n'empêchera ce sultan de prendre al-Kods, votre prétendu royame de Jérusalem."
Puis Qara Kouch parla.
"Avec la permission du sultan, j'aimerais poser une seule question à Bertrand de Toulouse. Quelle est pour toi, valeureux chevalier, la principale différence entre vos croyances et elles de notre prophète ?"
Bertrand répondit sans la moindre hésitation :
"la chair."
Plusieurs savants s'exclamèrent, mais Salah al-Dine sourit.
"Eplique-toi, Bertrand de Toulouse.
- Je ne le fais que sur les instances, Majesté. Depuis que je suis arrivé dans cs contrées et que j'ai appris votre langue, je n'ai cessé d'étudier les hadiths ainsi que certains commentaires du Coran. Il me semble que la chair, et les règles selon lesquelles on peut ou non s'y adonner, a beaucoup préoccupé le Prophète et ses disciples. Dans le COran, si ma mémoire est bonne, la sourate de la Vache renverse le tabou arabe traditionnel sur le coït pendant le jeûne.
Certains hadiths font dire au Prophète qu'Allah a préétabli la part de copulation accordée à chaque homme, qui s'y adonnera comme son destin l'exige. Chaque satisfaction des besoins charnels est donc prédestinée. Ce vieil érudit vient de nous expliquer que votre religion a délivré ses adepes de la crainte de la mort.
N'est-ce pas lié, au moins en partie, à votre conception du paradis ? Votre ciel est le plus voluptueux de tous. Ne promet-il pas les plaisirs les plus exquis à vos chevaliers morts pour le jihads ? D'éternelles érections et d'innombrables houris entre lesquelles choisir, tout en s'abreuvant à des rivères de vin. Votre ciel lève tousles interdits terrestres. Dans de telles conditions, seul un homme privé de son bon sens craindrait la mort. Tout cela vient de l'assurance de votre Prophète. C'était un homme peu enclin au doute. N'est-il pas vrai qu'à sa mort, son gendre." Ali s'est écrié - pardonne-moi, Altesse, de ne pouvoir citer ces paroles qu'en latin - <i>O propheta, o propheta, et in morte penis tuus coelum versus erectus est </i>."
Le sultan fronça le sourcil, jusqu'à ce que le cadi lui chuchote à l'oreille :
"Le Franc évoque les mots prononcés par Ali sur le corps de notre Prophète : "Ô prophète, même dans la mort ta verge indique le ciel."
Salah al-Dine eut un rire tonitruant.
"Notre prophète était un être de chair et de sang, Bertrand de Toulouse. Sa virilité n'a jamais fait de doute. Même son épée fut appelée al-Fehar, "celle qui lance l'éclair". Notre prophète était un homme complet. Nous sommes tous fiers de ses actions. Si Allah nous a récompensés, c'est seulement parce que nous n'avons pas lâché l'étrier de notre prophète. Puissions-nous, simples mortels, être aussi bénis que lui qui, même dans la mort, indiquait le ciel. Je crois pourtant que tu te trompes. Le moteur de notre religion n'est pas la chair, mais la relation entre Dieu et le croyant. Je t'accorde, à la rigeur, que notre vision du monde est peut-être trop influencée par les marchands et les négciants.
Tu as l'air surpris. On pourrait soutenir qu'Allah est comme un marchand suprême qui calcule chaque chose en ce monde. Tout est compté. Tout est mesuré. La vie est un négoce qui comporte des gains et des pertes. Celui qui fait le bien récolte le bien, et celui qui fait le mal récolte le mal, ême sur terre. Le croyant fournit un prêt à Allah ; en d'autres termes, il paie d'avance sa place dans notre paradis musulman. Au Jugement dernier, Allah a un livre de comptes dans lequel les actions des hommes sont lues, avant d'être soigneusement pesées. Chacun reçoit son dû.
Telle est notre religion. Elle révèle l'influence de notre monde, un monde bien réel. Elle parle un langage facile à comprendre, ce qui explique son succès.
"Le Livre de Saladin", Tarik Ali, p.183-188
21:59 Publié dans actualité, Blog, laboratoire 1, Livre, si peu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cubilot mharhar, memona, litterature
24.11.2007
Sahara
LE SAHARA EST UN CHANT DE NUIT, AUSSI : les Ahl Ellil (Gens de la nuit). A les écouter et à les regarder danser, on comprend qu'il faille chercher un sens au monde : "J'ai su pourquoi, je suis toujours à la recherche du sens./ Pourquoi je ne cesse de chercher, sur le visage des gens, les traces de l'humain. (Ennaouab, Musiques noctirnes.)
El Hallaj : "Essence de l'essence de mon existence. Terme de mon dessein et de mon hasard. Elocution de mes énonciations et de mes balbutiements... L'abolition de l'être. (Je suis le sens !)
Recherche, donc, d'un sens. Qu'importe lequel. Et c'est, peut-être là, que le désert est le sens ! Ahl Ellil. Gens de la nuit ésertique. Extase halladjienne. Les voix suspendent le temps, fracassent l'espace. Les gestes des danseurs erratiques, comme immobiles, raturent la transe et au-delà de la transe naît l'hébétude devant ce Sahara dont les hiéroglyphe les lancinent jusqu'à la défaite, jusqu'à la perte de conscience.
Ou l'ahurissement. Ou la titubation. Ou quoi, encore ?
Villes, aussi ! Structures comme empilées les unes sur les autres mais avec de telles variations que l'on reste perplexe. Cette architecture de guingois. Ces coupoles à l'infni et par centaines. Ces armatures défiant la pesanteur dans un amoncellement de formes criblées de chaux blanche ou ocre. Ces cribles, aussi : toits blancs, toits bleu Nil, toits ocre. Boutiques bariolées, bifides ! En face, les palmeraies dont le vert est plus vert à cause du contraste avec le safran du sable, le blanc des architectures et le bleu criant du ciel, comme une plaque rigide. Tôle que n'ondule aucun vent. En face, aussi, les chotts, sortes d'interminables papiers glacés, séquelles pathétiques, voire dramatiques, des grands lacs d'antan.
Mais certaines oasis reoivent l'eau à travers cent à deux cents kilomètres de galeries qui l'amènent des nappes phréatiques situées, pradoxalement, au-dessus des jardins irrigables. Galeries creusées il y a des siècles par des esclaves noirs importés du Soudan, de Monbasa, de Zanzibar et de plus loin encore. Avec cette invention fabuleuse de quelques géologue ou géomètre ou maître des eaux, qui a creusé ces canaux à travers les couches d'argile, de grès et de schiste, astucieusement inclinées en sens inverse les unes par rapport aux autres, d'est en ouest. Canaux arrivantdans les oasis sous forme de peignes dont l'enchevêtrement indescriptible épuise toute velléité de compréhension. Avec ces structures comme déchiquetées, et qui distibuent l'eau à chaque jardin minuscule, selon une combinatoire infinitésimale. Avec ces ramifications qui s'enchevêtrent et se chevauchent, d'une façon inextricable. Incroyable. Astucieuse. Mathématique.
"Cinq Fragement du désert". Rachid Boudjedra, Actes Sud (barzakh) Novembre 2007
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18.11.2007
La Mort de Zand ou la problématique de la création artistique
En 1927, Olecha est joué au Théâtre d’Art de Moscou. Il commence à écrire La Mort de Zand, suivie d’une autre version, Le Mendiant. La pièce tarde à s’écrire, les répétitions commencent, elle ne sera pas achevée…
L’écrivain Zand, 32 ans, vient d’achever une pièce. C’est le jour de son anniversaire. Autrefois il avait des modèles, aujourd’hui il est plus âgé que ses héros et cela le terrifie : il rêverait d’avoir la force de Balzac… Son père et sa mère lui ont préparé un dîner. Sa pièce, dit-il, parle d’un imbécile et quand son père lui demande si c’est une comédie, il répond : non, il y a un meurtre. Dans la pièce de Zand, il y a Zand lui même, il appartient au nouvel appareil d’État, et Fédor, lui aussi écrivain et victime d’une purge. Fédor veut se venger de Zand en devenant son double, alter ego démoniaque, un mendiant qui, sous un réverbère, demande la charité…
L'HOMME NOIR
"Je travaille à une pièce dans laquelle je veux réfléchir à la question de la création.
Le héros central de la pièce est l'écrivain Zand.
Il veut écrire uneoeuvre conséquente sur la construction de la société nouvelle, sur le prolétariat, sur l'homme nouveau, sur la vie de ce monde neuf. Il rêve de devenir l'écrivain de la classe montante.
L'écrivain Zand affirme que, pour devenir un écrivain en accord avec son époque, il est nécessaire de rejeter un certain nombre de thèmes. Ces thèmes qui, si intéressants soient-ils, sont inutiles pour notre époque. Plus que simplement inutiles, ils sont pernicieux et réactionnaires, ne sert-ce que parce qu'ils sont pessimistes. Ils découragent le lecteur occupé à la construction du monde nouveau. De tels thèmes doivent être rayés du carnet de notes de l'écrivain.
Mais biffer un thème, est-ce la solution ? Quittera-t-il la conscience ? Chassé du carnet de notes, il maintiendra l'esprit sous son joug et l'empêchera de créer.
Refoulé, il restera tapi et finira par sortir en rampant sur le papier.
Si l'écrivvain Zand se consacre à un nouveau thème important, fort, positif et "radieux", de toute façon, ça ne change rien - le lézard noir pointera sa queue puante ou sa tête empoisonnée dans sa nouvelle oeuvre de création.
Que faire ? Comment détruire un tel thème ? Comment tuer le thème lézard... vous savez que les morceaux coupés d'un lézard repoussent. Ces thèmes sont nombreux, c'est tout un nid de lézards venimeux. Le thème du meurtre, par exemple, s'est emparé de Zand. Il veut tuer un certain homme. Il rêve qu'il le tue (pourquoi il veut le tuer est une question particulière à traiter dans la pièce).
Comment Zand peut-il consacrer toute la puissance de son esprit à unre oeuvre de création dans laquelle notre ie nouvelle brillerait toute entière avec éclat alors que son esprit est empoisonné par la pensée de la mort, du déclin ?
Et alors il rencontre l'Homme Noir. Cet homme est une certaine sorte de graphologue, un chiromancien (un cynique, un charlatan et un empoisonneur).
C'est un homme dont l'idéologie est une parodie de Freud, Spengler et Bergson. Il sera peint comme une caricature du penseur européen de l'époque capitaliste déclinante, comme une parodie de ceux qui à notre époque écrivent sur l'échec du progrès et la destruction de l'homme asservi à la machine, sur le déclin.
La pièce traite du combat de Zand avec l'Homme Noir, le combat de l'idée de mort dans le travail de création avec l'idée de la recréation du monde à travers l'art.
Iouri Olecha
*Iouri Olecha a écrit sa dernière pièce à 32 ans avant de sombrer définitivement dans l'alcoolisme, victime comme bcp d'auteurs russes de l'époque de l'URSS de la persecussion.
23:25 Publié dans actualité, Blog, laboratoire 1, Livre, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cubilot mharhar, memona, littérature
07.11.2007
Fragments mémonesques et youtoubesques en même temps lol
23:23 Publié dans actualité, Blog, laboratoire 1, Livre, si peu, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cubilot mharhar, mémona, littérature, aimée césaire, afrique, france
04.11.2007
Aimé Cesaire, un nègre fondamental
Documentaire réalisé par François Fèvre, Laurent Chevallier et Laurent Hasse qui sera diffusé le dimanche 11 novembre 2007 à 9h45 sur France 5.
Son nom, Césaire, ne lui vient pas de ses ancêtres ; c'était celui propriétaire de son arrière-arrière-grand-père, à la Martinique.
A 94 ans, Aimé Césaire, grand poète du "cri nègre" et "tout naturellement de gauche", consacre les forces qui lui restent à la société de son île, la Martinique, après y avoir été très longtemps maire et député. (...) Aimé Césaire, que la caméra suit à Fort-de- France, porte un regard rétrospectif sur les grands thèmes qui ont nourri son oeuvre littéraire et politique, depuis le milieu des années 1930 : "la négritude", pour mettre en valeur l'Afrique et ses cultures contre l'idéologie colonialiste, "la négraille debout", avec l'arme de l'écriture contre l'assimilation culturelle, et "l'émancipationisme", valeur humaniste à ses yeux essentielle, qui appelle chacun à se prendre en main contre les carcans et toute oppression.
"Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celle qui s'affaissent au cachot du désespoir", écrivait-il dans 'Cahier d'un retour au pays natal' (Présence africaine, Paris 1939), avant de créer l'événement, en 1956, lors du premier Congrès international des écrivains et artists noirs, où il lançait, dans un discours enflamé : "Laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l'Histoire !"
Mais quel est son regard aujourd'hui ? Dans ce documentaire, le vieil homme, sans aucun doute très las, répond avec parcimonie mais sans mâcher ses mots. A propos de sa plongée en littérature, pour le moins évoque-t-il son intérêt, très tôt, pour le surréalisme et l'exploration de soi à laquelle ce mouvement invitait, pour libérer l'imaginaire du "Martiniquais, sorbonnard et normalien" qu'il était avant de revenir vivre sur son île natale. "Quand j'ai été au plus loin, ce que j'ai trouvé en moi, en rigolant d'ailleurs, c'est le Nègre fondamental. Tout simplement. C'est tout !"
Martine Delahaye, Cahier du "Monde" daté dimanche 4 - lundi 5 novembre 2007
20:48 Publié dans actualité, Blog, Film, laboratoire 1, Livre, Loisirs, si peu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cubilot mharhar, memona, littérature, afrique, aimé césaire
Le Livre des questions
J'ai retrouvé chez un ami ce livre de Edmond Jabès intitulé "Le Livre des questions". Le livre de la mémoire, de l'exil et de l'écoute... et c'est étrange parfois comment certains livres peuvent résonner au fond de l'âme et comment certains écrivains arrivent à franchir les limites de l'indicilbe... J'y plonge sans trop savoir comment en sortir... et j'avais envie de partager cet extrait sur ce blog.
- Que se passe-t-il derrière cette porte ?
- Un livre est en train d'être effeuillé.
- Quelle est l'histoire de ce livre ?
- La prise de conscience d'un cri.
- Mais j'ai vu entrer les rabbins.
- Ils viennent, par petits groupes, gaire part de leurs réflexions de lecteurs priviligiés.
- Ont-ils lu le livre ?
- Ils le lisent.
- Interviennent-ils à l'avance pour le plaisir ?
- Ils avaient le pressentiments du livre. Ils se sont préparés à l'affornter.
- Connaissent-ils les personnages ?
- Ils connaissent nos martyrs.
- Où se situe le livre ?
- Dans le livre.
- Qui es-tu ?
- Le gardien de la maison.
- D'où viens-tu ?
- J'ai erré..
- Yukel est-il ton ami ?
- Je ressemble à Yukel.
- Quel est ton destin ?
- Ouvrir le livre.
- Es-tu dans le livre ?
- Ma place est au seuil.
- Qu'as-tu cherché à apprendre ?
- Je m'arrête quelquefois sur le chemin des sources et j'interroge les signes, l'univers de mes ancêtres.
- Tu scutes les vocables retrouvés.
- Les nuits et les matins des syllabes qui sont les miens, oui.
- Tu t'égares.
- Il y a deux mille ans que je marche.
- J'ai peine à te suivre.
- J'ai, souvent, moi-même cherché à abandonner.
- Sommes-nous en présence d'un récit ?
-On a tant de fois conté mon histoire.
- Quelle est ton histoire ?
- La nôtre dans la mesure où elle est absente.
- Je te saisis mal.
- Les paroles m'écartèlent.
- Où es-tu ?
- Dans les paroles.
- Quelle est ta vérité ?
- Celle qui me déchire.
- Et ton salut ?
- L'oubli de mes paroles.
- Puis-je entrer ? Il fait déjà sombre.
- Une mèche brule dans chaque mot.
- Puis-je entrer ? Il fait sombre autour de mon âme.
- Autour de moi, il fait noir également.
- Que peux-tu pour moi ?
- Ta part de chance est en toi.
- L'écriture qui aboutit à elle-même n'est qu'une manifestation du mépris.
- L'homme est lien et lieu écrits.
- Je hais ce qui est prononcé où je ne suis plus.
- Tu échanges l'avenir, aussitôt traduit. Il te reste toi sans toi.
- Tu m'opposes à moi-même. Je ne sortirai jamais vainqueur du combat.
- La défaite est le prix consenti.
- Tu es Juif et tu t'exprimes comme tel.
- Les quatre lettres qui désignent mes origines sont tes qutre doigts. Tu disposes du pouce pour m'écraser.
- Tu es Juif et tu t'exprime comme tel. Mais j'ai froid. Il fait sombre. Laisse-moi entrer à la maison.
- Une lampe est sur ma table et la maison est dans le livre.
- J'habiterai enfin la maison.
- Tu suivras le livre dont chaque page est un abîme où l'aile luit avec le nom.
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28.10.2007
على خطى كاتب ياسين «أركيولوجيا الفوضى» والحب والجنس
بين الروايات الجزائرية بالفرنسية، هناك واحدة لفتت الانتباه بشكل خاص، وقد صدرت منذ أيام بعنوان «أركيولوجيا الفوضى العشقية» (منشورات البرزخ). لاقت الرواية التي تحمل توقيع الكاتب والصحافي مصطفى بن فوضيل، ترحيباً كبيراً من النقاد، وهي عمل ضخم يتألف من 400 صفحة تقريباً. إلا أنّها مقارنةً بعمله السابق «ثرثرة المنفرد» الذي بلغ 700 صفحة، تُعدّ أقلّ حجماً وأكثر تكثيفاً.
ومثلما هي أعمال هذا الروائي الذي يرى رشيد بوجدرة أنه طفرة في النص الروائي المكتوب بالفرنسية، يدخل في حلقة لا نهائية من اللعب الروائي. فالرواية هي ـــــ كما يقول هو نفسه ـــــ عمل على الشكل في الدرجة الأولى. وما يقوم به بن فوضيل هو تحطيم هذا الشكل نهائياً وتفتيته تفتيتاً كبيراً من خلال إعادة بناء السرد على رؤى متباينة ومنطلقات مختلفة وعلى استعارات ومجازات كثيرة يصعب حصرها في مجال كهذا.
لكنّ مجال هذه الرواية هو الحب والجنس بشكل خاص بكل ما تثيره كلمة حب من قلق، وكلمة جنس من دهشة مستمرة. لكنّ الاختراق يتم على مستويات لغوية بإدراج كلمات شعبية لها محمول جنسي، ولغة عربية تُطّعِّم الفرنسية بنفحة جديدة من حين إلى آخر مع تعمد كسر التابوهات السياسية والدينية.
ويرى بن فوضيل أن تجربته امتداد لرواية «نجمة» لكاتب ياسين. فهناك دائماً تلاقح بين الواقعي والتاريخي والأسطوري والشعري.
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